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Faux lait alpin

Faux lait alpin

Il y a ceux qui qualifient de lait alpin celui qui provient également des plaines et des jungles urbaines, et ceux qui s’y refusent. Le Ministère pour le Développement Economique est catégorique, la Répression des Fraudes doit intervenir.

Faux lait alpin

Un grand groupe industriel – Inalpi SpA, dont le siège se trouve à Moretta (CN) et qui a déjà défrayé la chronique pour ses fraudes contre l’État et l’Union Européenne – a basé sa campagne de marketing sur la valeur de l’origine de la matière première. Uniquement du ‘lait alpin’, ‘lait alpin piémontais’, parmi les divers produits laitiers-fromagers de marque Inalpi.

La communication est efficace, gagnante. Mais les yeux experts de l’Inspection centralpour la protection de la qualité et la répression des fraudes des produits agroalimentaires (ICQRF) y entrevoient une anomalie.

Les étiquettes et les publicités d’Inalpi – vantant la provenance du lait des Alpesse réfèrent en effet à une directive CE qui n’a pas grand-chose à voir avec les montagnes. Nous parlons ici de la Directive sur l’Espace Alpin Européen’, un programmecadrpour le subventionnement de projets internationaux de développement d’une zone extrêmement vaste.

L‘Espace Alpin Européen comprend en effet certaines zones des côtes méditerranéenne et adriatique, les grands bassins fluviatiles du Danube, de l’Adige, du Po, du Rhône et du Rhin, les régions des Préalpes et de plaine ainsi que leurs grandes villes, de dimension et à vocation européennes, telles que Milan, Genève et Vienne, entre autres.

Lait alpin, information au consommateur

Une question vient spontanément à l’esprit, le lait de la Côte d’Azur ou de la Riviera des Fleurpeut-il être considéré comme du ‘lait alpin’? Ou celui de la Forêt Noire, étant donné que la Côte d’Azur, la Ligurie et Baden-Württemberg sont toutes comprises dans l’Espace Alpin Européen?

Les informations sur les denrées alimentaires n’induisent pas en erreur, notamment : sur les caractéristiques de la denrée alimentaire et, notamment, sur la nature, l’identité, les qualités, la composition, la quantité, la durabilité, le pays d’origine ou le lieu de provenance, le mode de fabrication ou d’obtention de cette denrée’ (règ. UE 1169/11, article 7, Pratiques loyales en matière d’information, article 1, lettre a) (1)

Comme si les destinations d’un paquet-vacances dans les Alpes se révélaient être Nice, Monferrato, Alessandria, Pavie, ou Milan. Une grosse moquerie. Tout comme dans le cas en question, d’ailleurs intercepté avec promptitude par la Répression des Fraudes.

Faux lait alpin, l’avis du Ministère pour le Développement Economique

Le Ministère pour le Développement Economique, dans sa lettre à l’ICQRF (2), a clairement expliqué quesi l’on désire utiliser l’origine alpine d’un produit ou d’un ingrédient’, il faut se référer exclusivement aux territoires montagneux cités dans la Convention Alpine. (3)

La formule ‘produit de montagne’ peut à son tour être utilisée conformément aux conditions prévues par le décret ministériel du 26.7.17. (4), dans lequel sont considérées ‘zones de montagne’ les zones situées dans les communesjustementde montagne, et il est précisé que la transformation des matières premières agricoles doit avoir lieu sur les territoires strictement adjacents. 

Il est donc temps que l’ICQRF procède à l’interruption des pratiques frauduleuses en question. Et pendant qu’elle regarde de ce côté-ci, elle devrait en profiter pour intervenir sur les cas des fausses informations sur les fromages fondus (concernant tant le composant individuel que le produit global) en matière de quantité des ingrédients caractérisants. (5)

Dario Dongo

Notes

(1) Voir règ. UE 1169/11, articles 7 et 36

(2) Lettre du Ministère pour le Développement Economique 17.1.18

(3) La Convention Alpine, ratifiée à Salzbourg le 7.11.91, concerne uniquement les zones de montagne, sur une surface inférieure à la moitié de celle considérée – dans le seul but d’obtenir des subventions et la coopération économique – par l’Espace Alpin Européen

(4) Voir http://www.gazzettaufficiale.it/eli/id/2017/09/13/17A06331/sg

(5) Fraudes sur le marché concernant également les groupes Galbani-Lactalis et Mondelez. Voir les articles précédents  https://www.greatitalianfoodtrade.it/etichette/cheese-scam-la-frode-a-fettine et https://www.greatitalianfoodtrade.it/etichette/cheese-scam-la-frode-prosegue

Pour terminer son oeuvre, l’ICQRF devrait encore enquêter sur le nom et la liste d’ingrédients des dites ‘Tranches au Lait

 

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